21 septembre 2022
77e Assemblée générale des Nations Unies : Félix Tshisekedi donne le ton

D’entrée de jeu, le Chef de l’État a rappelé les défis majeurs auxquels est confrontée la communauté internationale sur la paix et la sécurité, la pauvreté, le climat et la relance d’une économie fragilisée par la pandémie à Coronavirus. Le double président en exercice de la CEEAC et de la SADC a réaffirmé le rôle central de son pays dans la lutte contre le réchauffement climatique en mettant la préservation des forêts au cœur de l’agenda des actions gouvernementales sans que cela ne l’empêche d’atteindre ses objectifs économiques et sociaux. Le Cgef de l’État a rappelé qu’aucun instrument juridique international pertinent n’interdit l’exploitation ses ressources naturelles pour cause de protection de l’environnement ou par crainte de l’aggravation du réchauffement de la planète. L’Accord de Paris de 2015 sur le climat donne également la latitude aux états en voie de développement d’émettre du CO2 dans le respect des normes environnementales. Une recommandation dans laquelle s’est inscrit le gouvernement congolais en préservant ses forêts et en maintenant son statut de pays solution sur la transition écologique.
Sur l’économie, le Président de la République a mis un accent sur la résilience de l’économie congolaise dans un contexte post-pandémie. La combinaison des politiques qui ont tablé sur l’amélioration du climat des affaires et la gestion rationnelle des ressources publiques. Des initiatives qui ont facilité le décaissement de facilités élargies en appui à la croissance des économies à faibles revenus par les institutions financières internationales. Preuve d’un élan de solidarité internationale qui a permis d’éviter une crise financière dont les conséquences auraient été désastreuses que celles qui ont mis à mal la finance internationale une décennie plus tôt. Le Chef de l’État a ainsi, au nom de cette solidarité, sollicité la levée des sanctions économiques qui pèsent sur la République du Zimbabwe.
Dans le volet sécuritaire, la situation de guerre par procuration, entretenue par le Rwanda par l’entremise du mouvement terroriste M23 a été évoqué avec clarté. Malgré des perspectives de règlement pacifique des différends au niveau national et international et la restauration de la confiance par des accords de coopération sécuritaire et de partenariats économiques et projets de développement entre la RDC et ses voisins ; certains d’entre eux ont, par convoitise des ressources naturelles du pays et des ambitions de puissance, entretenu et exacerbé la crise. Le Président de la République a également rappelé le caractère incontestable de l’agression rwandaise, attesté par les conclusions d’un groupe d’experts mandatés par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le mécanisme conjoint de vérification établi au niveau régional par la Communauté internationale pour la Région des Grands Lacs et des organisations non gouvernementales crédibles.
Il a appelé le Conseil de Sécurité à officialiser le rapport des experts sur l’implication rwandaise qui, s’il n’était pas rendu public, risquerait d’alimenter davantage la suspicion des populations congolaises sur l’impartialité de l’ONU ainsi que la complicité de certains de ses membres dans ces crimes. La réévaluation du retrait des forces onusiennes de la RDC tient compte des faiblesses structurelles inhérentes à la mission et aux capacités de celles - ci de légitimer sa présence au vu de l’ambiguïté affichée par la Communauté internationale sur les exactions et crimes de guerre commis par le Rwanda. De plus, le prétexte d’une dérive génocidaire alimentée par des discours de haine et dont se sert le Rwanda pour légitimer sa création qui est le M23 n’a aucune raison d’être. L’arsenal législatif congolais réprimande les discours de haine. La prétendue collaboration entretenue des anciens miliciens FDLR et les autorités congolaises n’ont jamais été documentées par une source neutre et impartiale. Un alibi imaginaire brandi dans le but de s’attirer la sympathie internationale pour lequel il n’existe aucune preuve. Le Chef de l’État en a donc appelé au Conseil de Sécurité, à l’Union africaine et aux structures régionales, de faire abstraction des dénégations du gouvernement rwandais et de s’impliquer dans la recherche d’une paix durable et à la création de conditions nécessaires à une coopération fructueuse entre États de la région. Le Président de la République à rappeler le caractère non négociable du retrait des terroristes du M23 des zones qu’il occupe et la cessation sans conditions du soutien qu’il reçoit de l’armée rwandaise. Il en appelle à plus de fermeté de la communauté internationale pour que ces terroristes et leurs garants respectent les résolutions des différents organes de la Communauté internationale. Le Chef de l’État a également demandé la levée des restrictions imposées par le Conseil de Sécurité sur les acquisitions militaires des Forces armées de la RDC.
Sur les questions de paix et de sécurité internationales touchant à la réforme de l’ONU, le Chef de l’État s’est fait le porte-voix du continent dans l’obtention de deux sièges en qualité de membres non permanents et de deux en qualité de membre permanent au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Le Chef de l’État a clos son propos sur les questions liées au genre en promouvant la masculinité positive et les efforts entrepris pour la promotion des femmes congolaises qui occupent plus qu’avant, des rôles de premier ordre dans la gestion des affaires publiques. L’implication des hommes dans les politiques visant la promotion de la femme s’avère nécessaire pour créer les conditions d’émancipation et d’autonomisation des femmes et mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles.
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